Voyager: Algérie 2013,Afrique

 

26 Août 2013, Alger

Arrivés à Alger sans souci. Le ciel est couvert, la chaleur est là. Chaleur moite africaine. Rien à voir avec Paris, on sent l’Afrique, je me sens en voyage. L’aéroport me semble calme, sans beaucoup de monde, sans effervescence pour un aéroport international. R. est venu nous chercher et nous mettons un temps pour rejoindre le centre d’Alger. Beaucoup de voitures, une conduite anarchique et le temps passe….R. nous montre différents quartiers. La ville semble très étalée, grande, on se sent un peu paumés géographiquement. Pour le moment, le plan semble indispensable. Amusant: dans une rue que notre hôte appelle « wall street », des hommes ont des liasses de billets à la main sans aucune discrétion et proposent du change au noir.

Nous sommes hébergés dans un grand appart’ en duplex, dans une résidence sur les hauteurs, dans le quartier de Bouzareha. De grandes pièces très peu meublées avec des terrasses un peu partout et une vue superbe sur la baie d’Alger. Ici, on se croirait dans une ville de province avec maisons, villas, verdure, calme, peu de commerces alors qu’en bas, on retrouve une capitale, concentrée, serrée avec sa circulation. Amusant la différence si rapide. Nous sommes très bien accueillis. APrès un moment de flottement, R.nous redescend en voiture près de la grande poste et nous trouve du change au noir.

Ballade le long d’une grande artère assez commerçante et européanisée. Petites boutiques mais rien de très africain ou dépaysant.

La bâtiment de la poste date de 1908, construit par les français et tout aussi superbe à l’extérieur qu’à l’intérieur. L’intérieur a des murs et des colonnes en stuc sculptés dans les tons marrons.

Les rues avoisinantes sont pleines d’immeubles datant de la colonisation. On les reconnait bien avec leurs balcons ou volets bleus et lorsqu’ils sont entretenus, ils ont un certain charme.

Pour rentrer, on s’aventure à prendre le bus. Absolument rien d ‘indiquer. Il faut demander et uniquement se fier aux infos des gens. Heureusement tous ou presque parlent français, ils sont adorables et très serviables. Ce sera la chose la plus marquante du voyage: la serviabilité des algériens. Exemples: en attendant mon père, je m’assoies sur le trottoir. De suite, on m’apporte un tabouret. On nous prête plusieurs fois un téléphone sans rien nous demander en échange. Un policier à qui on demande l’arrêt d’un bus,  abandonne son poste, arrête le bus au milieu de la route et nous fait monter sans payer! Le beau-frère de R. que l’on connait à peine,nous conduira à 5h du mat’ à l’aéroport! Impossible de voir tout cela à Paris!

On remonte donc en bus mais c’est un peu le parcours du combattant et c’est long. Les autres jours, on utilisera les services de M.. Cela revient assez cher mais c’est pratiquement indispensable.

27 Août, Alger

Ce matin, on nous dépose au marché de Bab El Oued,quartier populaire d’Alger. Pas de misère distinctes, très peu de mendiants, pas de sentiments d’insécurité mais l’ambiance du quartier est, en effet, plus populaire que vers la grande poste. Je me sens un peu plus regardé mais par curiosité, je pense. Il y a un marché couvert et découvert. Beaucoup de légumes:tomates, oignons, carottes, pommes de terre, aubergines, poivrons. Peu de fruits. Un peu de poulets et d’épices.

Moment super: A un carrefour, on se demande dans quel café on se pose car alentour, il ne semble y avoir que des bouis bouis d’hommes. Et on entend: « Mais venez donc! Assiez vous! Soyez les bienvenus. » Ce sont des hommes, attablés dans un de ces cafés qui nous invitent. Nous voilà à leur table entrain de discuter ( je suis bien sûr la seule femme) et c’est eux qui nous offrent cafés et eau. Génial! Un petit moment bien sympa.

On descend vers le front de mer où on découvre une petite plage: très peu de femmes, pas de maillots de bain, et dans l’eau une seule ado habillée.

Longue ballade le long de la mer pour rejoindre  "la pêcherie". Pas d’ombre, ça cogne! On voit de petits bateaux de pêche mais on ne peut s’en approcher. Dommage… On retrouve ensuite R. et H. pour boire un thé avant d’aller à une agence pour des infos sur la visite de la casbah. Le soir,rencontre avec le frère de H., Sami et son épouse.

28 Août, Alger  

Rendez- vous avec un guide à l’hôtel Aurassi, hôtel chic que tout le monde connait. Déjà, j’apprends que les grands hôtels appartiennent tous à l’état. Petite ballade dans différents salons, bars et une terrasse avec vue sur la piscine. Chouette!

Après un arrêt au commissariat de la casbah pour signaler notre présence et attendre je ne sais quoi, nous partons avec le guide pour une visite de 3h de ce quartier. Celui-ci est étalé sur une superficie de 50 hectares. Alger a été fondé en 945 par Bologuine. Il y avait un mur d’enceinte et la ville était fermée la nuit par cinq portes. Le haut de la casbah date du 10eme siècle, le bas de la période ottoman, le 16eme siècle. Ce fut ensuite la ville musulmane en comparaison avec la ville coloniale ( Grande poste, square Port Saïd, place des Martyrs…)Des ruelles avec beaucoup d’escaliers, des maisons blanches qui se touchent parfois en étages, cela a un charme indéniable. C’est certainement volontaire par où l’on passe ni insécurité ni grande insalubrité.

Le guide nous emmène au mausolée du Saint d’Alger: Sidi Abderhaman. Ici, les gens viennent faire des vœux en touchant le tombeau. Lorsque le souhait s’est réalisé, ils reviennent distribuer aux personnes présentes à ce moment là pain ou gâteaux. Le lieu est petit et joli. La reine Victoria a fait don d’un lustre en cristal ( il y en a d’ailleurs plusieurs) en remerciement d’un vœu réalisé.

On continue à descendre; le guide nous montre différents lieux de tournage de films.

Visite du palais Mustafa Pacha, aujourd’hui, musée de la calligraphie. Palais ottoman, on se croirait en Turquie. C’est un dédale de pièces autour d’un patio intérieur orné de balcons en bois. Les murs sont recouverts de mosaïques. C’est superbe. Nous finissons la ballade place des Martyrs.

On nous emmène jusqu’au square Port Saïd où se trouve l’opéra. En fonction mais avec une programmation peu étoffée. Sans être extraordinaire, il est plus joli que ce que j’aurais pu penser et surtout il a le mérite d’exister  dans cette ville où la culture semble très réduite.

Nous déjeunons à la brasserie Tontonville que les militaires fréquentaient et institution d’Alger.

Visite du bastion 23, palais du raïs et du capitaine. De nouveau, l’architecture ottomane en front de mer. Superbement restauré. Quel dommage qu’il n’y ai pas plus de bâtiments, maisons entretenus et restaurés. On y voit aussi de toutes petites maisons alignées, sortes de cellules, qui servaient pour les pêcheurs et les marins.

Passage au bureau de S. Il travaille aux impôts. Les locaux sont sales et vétustes. Impressionnant pour une administration, il semble qu’il n’y ai rien ou si peu d’informatisé. Nous sommes en plein après -midi, jour de semaine et personne dans les bureaux! On a le sentiment que les gens travaillent quand ils veulent.

Grand tour en voiture avec deux arrêts sympas: La cathédrale du Sacré cœur. Malheureusement fermée mais avec une architecture extérieure à voir. Tout en béton, elle a une sorte d’immense  cheminée sensée représenter la tente de Jésus mais qui fait totalement penser à une centrale nucléaire. J’aurais aimé voir l’intérieur….Nous allons aussi à l’immeuble pont Burdeau. C’est un immeuble d’habitation qui a la route qui passe sur sa terrasse! Vraiment curieux, il n’y en aurait que deux à travers le monde: un au Brésil et celui-ci.

29 Août, Alger. 

Ce matin, nous devons déménager.Si j’ai bien tout compris aux explications de son épouse, il y a des ouvriers chez R. et je ne peux, en tant que femme, dormir sous le même toit que ces messieurs. Il y a deux choses marquantes: aucune organisation et un accueil qui se veut si généreux qu’il en devient un peu étouffant. On nous a réservé un hôtel, payé la 1ere nuit. Mais on ne nous a donné aucun choix. Nous n’avons pas vu l’hôtel ni la chambre, tout est choisi pour nous sans rien nous demander! Cet hôtel est loin d’être extra, même très limite mais il a le gros avantage d’être très bien situé dans le centre.

Nous allons à la basse casbah visiter le musée des arts populaires. Celui-ci se trouve de nouveau dans un palais ottoman. Joli musée. On y voit toutes sortes d’objets du 20eme S. de la vie quotidienne.Beaucoup viennent de Kabylie. Pas d’artisanat à Alger. On tombe sur un gardien très sympa qui nous montre des pièces fermées au public. Entre autre la chambre de la reine Eugénie, épouse de Napoléon III qui y passa quelques jours. Ayant eu  froid la 1ere nuit, on fit construire en une journée une cheminée! Cette pièce a un plafond avec coupole et le haut des murs décorés de stuc sculpté blanc. C’est magnifique. Seulement le plafond s’écroule, on y a donc installé une sorte d’échafaudage en ferraille pour le soutenir, cela en attendant un susceptible budget de restauration! Le gardien nous fait monter sur la terrasse avec une jolie vue.

En sortant du musée, S. frappe à une sorte d’atelier à moitié en sous sol car il pense, qu’il y a là un artisan. En effet, un homme peint de jolis coffres en bois. Au bout de 2mn de discussion,, on apprend que c’est un des acteurs du film « El gusto ». R. et le le guide de la casbah nous ont parlé de ce film. Nous décidons de l’acheter et de revenir le faire dédicacer. UN moment super que seuls mes voyages nous offrent.

Après un déjeuner dans un restau populaire, on termine l’après-midi en se baladant dans le quartier au pied de la casbah, au milieu d’une espèce de souk en plein air puis du coté de la ville coloniale.

30 Août, Alger. 

Ce matin, on va sur les hauteurs en transports à la découverte de la basilique Notre Dame d’Afrique. Anecdote: on cherche un bus et on demande à un policier. Celui-ci abandonne son poste, nous emmène sur le boulevard, arrête un bus et nous fait monter. Bus que l’on ne paie même pas! Unique!  A Bab El Oued, on en reprend un autre qui nous mène à destination. Les gens sont si sympas que, sans plan, sans rien connaitre, on y arrive sans même galérer.

La basilique se trouve dans un quartier de maisons à flanc de colline calme et agréable. La vue du parvis est époustouflante. Vert de la végétation, bleu de la mer, concert de cigales…Extra. L’église est immense et magnifique. L’intérieur est grand, pleins d’exvotos avec une déco assez moderne et colorée. Un de mes endroits coup de cœur à Alger.

On grignote à Bab El Oued mais on galère un peu car vendredi, tout est fermé. Nous prenons ensuite le métro, géré par la ratp. Il est spacieux ( plus que le notre), moderne, propre. Il n’y a qu’une ligne qui s’est fait attendre très longtemps. Il nous dépose aux jardins d’essais. Parc payant mais qui vaut le coup.Beau et agréable avec  toutes sortes de plantes de climat méditerranéen: ficus immenses, palmiers, dattiers, bananiers, bambous et pleins d’autres aux noms inconnus.

01 Sept, Alger 

Nous retournons place des Martyrs pour tenter de visiter deux mosquées et voir le monsieur qui a joué dans « El gusto ». Choux blanc pour tout! Anecdote: lors de notre recherche de billets d’avion Constantine/ Alger, je me retrouve dans une sorte de syndicat d’initiative/agence de voyages. Le gars me donne toutes les infos et lorsque je lui dis « j’arrive,je vais chercher les passeports », il me répond « demain; aujourd’hui c’est juste une permanence ». Ok, admettons. Après une tentative avec internet, papa a l’idée de retourner à l’agence pour prendre le numéro de téléphone. Et là, surprise! Le même gars accepte de nous vendre les billets.Pourquoi a t il changé en 10mn??!! Mystère!

Après le déjeuner, visite de la mosquée neuve ( Djamaa El Djedid).Elle est très simple. Une salle de prière, pas de cour intérieure. Les ablutions se font au sous sol, certainement dans des sortes de toilettes. Un joli mihrab en marbre. Je comprend enfin que le minbar est l’endroit où un homme se poste pour répéter après l’imam lorsque la salle est pleine et que certains risquent de ne pas entendre.

Nous enchainons avec la visite de la grande mosquée (Djamaa El Kebir) . Très sobre mais plus jolie à mon goût avec une petite cour. En résumé, je trouve les moquées algériennes plus belles à l’extérieur qu’à l’intérieur.

Nous retournons voir le monsieur du film « El gusto » pour une dédicace.

Le soir, nous allons diner chez S. Chaine religieuse à la télé. Il passe un long moment de la soirée à discuter de son pèlerinage à la Mecque. Il ne comprend pas trop mes opinions religieuses mais il a assez d’ouverture d’esprit pour m’écouter et échanger sur le sujet. A l’inverse de la région de Béjaia, on trouve et on nous sert du thé à la menthe à Alger.

02 Sept. Train pour Béjaia. 

Outre que l’on nous parque dans un hall sans nous laisser sortir prendre l’air sur le quai, le train est à l’heure.  C’est un train moderne à l’européenne avec juste 3 wagons, bien pleins. La clim est très forte et nous rendra malade! Pas de wagon bar mais un chariot passe avec du café. Bref pas de dépaysement dans le train outre qu’il met tout de même quatre heures pour 250kms! La paysage devient agréable bien après Alger lorsqu’on arrive en Kabylie,je pense. Mais rien d’extra.

03,04 Sept, Lota

Nous passons deux jours dans la famille de mon beau-frère. Tout le monde comprendra que je ne fais aucun commentaire ici.

Visite d’une grotte à Aokas au niveau du tunnel, sur la route de Bejaia.Celle-ci a été découverte au moment du percement du tunnel en 1962 par hasard. En 1982, le gouvernement décide de l’ouvrir au public. C’est une grotte de calcaire. Elle est grande et très jolie. Il y a une sacrée hauteur, pleins de stalactites et de stalagmites. Sympa, ça vaut le coup.

Ballade à Béjaia. Cet endroit fait vraiment ville de province, ni belle ni laide. Mais je n’arrive pas à y trouver ni son âme ni de charme.

05 Sept, Constantine.

La famille nous trouve un chauffeur que nous payons assez cher pour le pays, je trouve mais c’est un confort qui nous simplifie la vie. On gagne de la fatigue et du temps. On va à Sétif avec un paysage montagneux fort joli puis on prend ce qu’ils appellent l’autoroute. On met en gros 4h pour 250kms.

Le soir, nous dinons d’une omelette au fromage. Le prix est fait en fonction du nombre d’œufs; quant au fromage c’est de la vache qui rit que l’on paie en sus au nombre de portions de fromage.

06 Sept, Constantine. 

Grande ballade pour voir les fameux 6 ponts. La promenade en elle même n’a pas beaucoup de charme mais les ponts et les gorges….Époustouflant! Extra! Ils sont tous différents, certains suspendus.La passerelle Perregaux, piétonne, est reliée à un ascenseur. Le dernier, le pont de Sidi M’Cid est à 180m au dessus du vide. Chaque fois, en dessous, le Rhummel, un cours d’eau au milieu de la roche de chaque coté. Vue spectaculaire.  Ces ponts sont vraiment à voir, c’est magnifique.

07, 08, 09 Sept, Constantine. 

Grosse flemme ces 3 derniers jours pour écrire!

En vrac…Nous nous baladons pas mal dans les ruelles de la casbah. Il y a ici une ambiance, une âme que j’aime bien. En fait, je crois que je pourrais me sentir bien assez rapidement dans cette ville.

Visite du palais d’Ahmed Bey. Très joli.Restauré, il en reste encore à faire! Très beaux jardins, petits mais jolis.

Nous retournons à Alger en avion pour un diner et une nuit.

Voyager: Algérie en 2009,Afrique

 

14 Février 2009, Lota proche Béjaia

Voyage un peu particulier car je vais rencontrer la famille de T.

L'avion nous dépose à Béjaia en petite kabylie.

La route pour aller au village de Lota  est bordée d'un côté par la mer, de l'autre par la montagne. Nous traversons plusieurs villages: du béton, des constructions à moitié terminées.

Après une pause chez une cousine où nous buvons un café, très fort et bon, nous arrivons chez les parents de T. La maison est excentrée du village, au pied de la montagne. Distribution des "cadeaux" qui me choque: ils sont "balancés" aux uns et aux autres! ça fait "signes extérieurs de richesse", "roi qui donne à ses sujets". Question de coutume, de mentalité, je suppose...

Le papa est assez effacé, très discret. Je regrette que la maman ne parle pas un mot de français. Tout comme la grand-mère que j'adore. Elle a une coiffure traditionnelle et fait rire tout le monde en tentant de temps à autre un mot de français pour moi. Sympa!

Il y a deux maisons et je suis reçue dans la plus récente. Il n'y a nul part de chauffage; juste une petite résistance qui

 sera pour nous; le soir il fait très froid. Ici, il y a donc 3 chambres,une salle de bain sommaire, une salle à manger où l'on reçoit. Dans l'autre demeure, une pièce qui sert de cuisine sans point d'eau, la chambre des parents et celle de la grand-mère.

Petit tour dans le village. Je m'éclate avec les salutations. Pas de doute, nous sommes bien en Afrique!!!! "ça va? Et la santé , ça va? Et chez toi, ça va? la famille ça va?" etc....trop drôle!

Le diner est de fête pour notre arrivée: crudités, poulet, bouillon avec légumes, semoule, boulettes de semoule avec je ne sais quoi dedans, poivrons écrasés, de la galette. Tout est servi ensemble.

L'après repas est un peu galère pour moi. ça discute en kabyle. Je suis gelée, glacée,  transie et j'attends j'attends.... C'est très long mais un passage obligé que je comprend aisement.

Pas d'eau chaude donc direct au lit en ayant bien froid

 

15 Février 2009, Lota proche Bajaia  

Découverte de la cuisine dans l'ancienne maison a moment du petit déjeuner. C'est une pièce qui semble avoir été ajouté à la maison.Les tuiles du toit sont directes au dessus de ma tête, un sol en béton, un réchaud, quelques ustensiles de cuisine, une table en plastique. Pas de point d'eau, pas de fenêtre.

Dès que nous ne sommes pas seuls, T. est très distant mais plein de gentilles attentions.

Un "fourgon", taxi collectif, pour Souk El Tenine. C'est une bourgade plus grande que Lota et plus vivante. Dommage qe l'on ne prenne pas le temps de s'y promener. De nouveau, un taxi collectif pour Melbou où on retrouve un cousin. Cet endroit n'a rien de fini! Pas une rue, pas une maison, tout est en chantier. C'est impressionant. Après le déjeuner, balade sur la plage qui pourrait être superbe si elle était nettoyée. Pause jus de fruits succulent dans un café où je discute avec le serveur. Cela fait du bien de papoter un peu.

16 Février, Lota proche Béjaia 

Je passe assez vite sur cette journée. Un aller en taxi à Tizi-Ouzou  et direct un retour en voiture qui me rend malade. Petits soucis d'organisation....

Je découvre tout de même un peu les paysages avec les montagnes très vertes sans culture, les villages dans les vallées, les forêts pleines de détritus. La propreté est inexistante. Les bords de route sont des décharges, le fossé aux alentours de la maison des parents, idem. Les plages pleines de plastique....Pourquoi ne brulent-ils pas un minimum??!!

17 Février, Lota & Béjaia. 

Matinée chez les parents. Puis nous passons l'après-midi tout les deux à Béjaia. Très agréable. La ville nouvelle est faite de béton et de grandes artères. Rien d'extra. Par contre, la vieille ville, sans être belle, a une certaine âme. C'est délabré mais plus typique. Je remarque beaucoup de bâtiments blancs et bleus. ce serait des immeubles de l'époque coloniale.Cette ville pourrait être jolie si elle était mieux entretenue.

Un monsieur charmant nous fait visiter le théatre de A à Z. Vieux de 86 ans, construit par un architecte français, il est en pleins travaux et en a bien besoin. Visite bien sympa.

 

18 Février 2009, Vers Biskra 

Taxi collectif pour Souk El Tenine puis taxi pour Sétif. Le chauffeur est une connaissance à T. ce qui entraine un voyage sympa et un conducteur qui me parle. Le paysage est montagneux mais moins arboisé, plus sec; c'est joli. Pas de villages mais des bourgades. Je remarque de plus en plus d'hommes en burnous, leurs longues robes. 

Après 90kms, nous prenons un mini bus pour Biskra à 250kms. la gare vaut le détour! On est en pleine Algérie là! Que des hommes mais aucun regard soutenu.

Le route de Sétif à Biskra est belle. Le paysage est plus aride; sans être du désert, on sent bien que l'on va vers le Sud.

Nous retrouvons L., un copain à T. qui nous a réservé une chambre glauque, pas très propre, sans fenêtre pour 20€. On décide de changer. Direction le complexe, soit disant hôtel de luxe, le même tarif pour un bungalow moins glauque et plus propre. Par contre, nous sommes obligés d'en prendre deux car nous ne sommes pas mariés donc pas sensés dormir ensemble. Cela nous revient à 43€ la nuit, une fortune pour ici!

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19 Février. Biskra. 

 Balade dans les rues commerçantes avec beaucoup d'échoppes de fringues. De ce côté là, pas de folies à faire, ce sont nos puces! Les rues sont en terre. Les maisons ne sont plus en parpaings bruts mais recouvertes d'une sorte d de terre ou de crépis. Cette ville a plus d'âme que les autres, il y a quelque chosee d'indéfinissable.

Nous allons aux fiançailles d'un cousin. Dès l'arrivée dans l'appartement, je comprends qu'il y a le côté femmes, le côté hommes. Chez les femmes, on vient à tour à tour me faire la bise, je me déchausse et on m'installe à côté de la future. Elles sont en tenues traditionnelles avec des manières différentes de porter le voile. Assises à même le sol sauf la fiançée et moi même. Au milieu un tapis, deux trépieds avec plateaux pour tables. On me sert des gâteaux, un café noir et j'attends. Ces femmes me sourient, parlent clairement de moi, on me cause mais en arabe! Barrière de la langue un peu rageant.

T. vient me chercher pour un peu d'échanges dehors avec un oncle très sympa. Je suis plus à l'aise; merci T.!

Lorsque nous remontons le repas a été servis: une assiette de chorba, une autre que je n'arrive pas à définir, des oranges, des pommes, du soda. Puis un gâteau; les hommes et le fiançé arrivent. Un bouquet de fleurs, une bague passée au doigt, 20mn de photos puis tout le monde libère les lieux à une vitesse impressionnante. Je trouve que les fiançés n'ont pas du tout l'air épanoui, pas souriant, coincé....T. m'expliquera ensuite que la fête a été sobre dû au décès du père de la future mariée à peine un mois plus tôt. La famille de la jeune fille demande comme dô6te une parure complête de bijoux, un mouton, 100€ puis dans un 2eme temps une somme plus importante; il semble que cela fasse beaucoup.

Rencontre avec le frère de T. à Sidi Okba, une bourgade à 20kms. L'Algérie profonde, cela se sent. Pas une femme dans les rues, pas de regards soutenus ou suspicieux. La vieille ville est agréable. Des gargotes qui servent de boutiques, les rues principales larges.

Visite de la mosquée en rénovation dans l'enceinte d'une école d'imams. Rien de particulier à ce lieu de culte. Nous traversons un quartier traditionnel avec les maisons en  terre. Moment sympa.

20 Février 2009, Biskra

Après le marché, agréable, le 1er taxi trouvé refuse que T. monte avec moi derrière. C'est soit disant interdit. T. refuse et nous en prenons un autre pour aller à la gare de bus.

Direction El Oued. Les paysages sont assez désertiques, la route très droite. Du sable et des épineux. 

Curiosité: il y a des mares d'eau pleines de sel. Ces eaux ont une couleur un peu violette. C'est surprenant.

Durant ces 200kms, nous ne traversons qu'une seule bourgade!

Pause déjeuner dans un boui-boui. Comme nous sommes en couple, on nous propose de manger derrière des paravents pour ne pas être vu des autres. Merci, ça va aller!

A El Oued se pose de nouveau le souci de l'hôtel. Le cousin nous a réservé une chambre mais nous n'avons pas de livret de famille. Palabres, palabres et re palabres....On nous envoie au comissariat où on nous reçoit chacun dans une pièce. Pas fière, Isa. J'ai l'impression d'être une criminelle comme dans les films! Palabres...T. dit que nous sommes mariés. Réponse: "Alors pas de problême, vous pouvez rester dans une chambre". retour à l'hôtel, il faut prendre deux chambres. De nouveau palabres....Ben non! nous paierons deux chambres! Quelle histoire!

Curiosité: L'eau est chaude naturellement. pas d'eau froide dans la chambre....

21 Février, El Oued. 

Ici,il y a dans le centre de la vieille ville autant de voitures que de charettes à ânes. Beaucoup d'hommes en tenues traditionnelles et avec le chêche; toutes les femmes voilées, beaucoup avec une sorte de "mouchoirs" au niveau du nez.

Visite de la zaouia soit l'école coranique. Nous montons en haut du minaret; en vue d'horizon, le sable, pas mal de coupoles ( la cité est surnommées la ville aux 1000 coupoles) mais aussi beaucoup de béton. C'est aussi un bon spot pour regarder l'animation de la rue. Sympa.

La vieille ville a ses rues envahies par le sable avec des maisons en terre peinte. ça rappelle l'Afrique noire. j'aime ces labyrinthes. Pas d'échoppes mais les vieux assis à même le sol, les enfants qui jouent....J'adore....

Déjeuner d'une "tchotchouka". Ce sont des bouts d'une sorte de crêpes avec des légumes, une sauce un peu épaisse, du poulet et du mouton. C'est bon, ça change.

Balade dans El Oued.

 

Le soir, dîner chez un cousin et sa famille; des gens que j'apprécie et ceux avec qui je me sens le plus à l'aise. Ils me parlent, me posent des questions, s'interessent. Ils ont l'adorable attention de nous offrir 4 kgs de dattes. Avant de nous ramener, nous allons ( à 22h!) visiter la zaouia de la bourgade Guemar , bourg du cousin à 20kms d'El Oued. L'extérieur est superbe. C'est magnifique la nuit avec les lumières. Des galeries, une mosquée,une bibliothèque et d'anciennes cellules d'étudiants. Les plafonds sont sculptés en platre et peints. Ils sont pas mal délabrés mais on les imagine superbes. Ils sont classés Unesco et dateraient de 1810. Ils sont en attente d'être restaurés. Cet endroit vaut vraiment le coup.

 

22 Février- El Oued

 De petites choses  sont parfois compliquées: impossible  à l'hôtel d'avoir des oranges pressées et il y a ce fruit partout ou un café le soir, impossible d'aller dans le désert alors qu'il est tout proche....

Nous prenons un taxi pour nous faire déposer "aux portes du désert". Balade dans les dûnes. Extra....Super chouette. Le sable est gris et sa couleur toujours identique. Il n'y a pas ici  les variations de teintes vues en Mauritanie. On trouve pas mal de scarabées. On marche jusqu'à des parcelles cultivées: pommes de terre, carottes, piments...

Déjeuner avec des agriculteurs. Un véhicule a apporté couscous et thé. Assis dans le sable, nous piochons tous avec des cuillères dans un plat unique. Tourista peut être demain mais c'est bon, typique et fort sympathique.

Je serai bien restée encore un peu dans le désert et une journée de plus à El Oued.

Mais il faut rejoindre L. à Still. Il n'y a plus de bus, nous attendons donc un autreclient pour partager un taxi.

Still est un village  construit dans un paysage de steppes désertiques, une immense étendue plate, très aride, sans végétation, pas de sable. Dans ce décor, L. nous emmêne chez des nomades. Comme il n'y a pas d'hommes mais juste une vieille femme, je vais seule à la tente. Il y a deux jeunes filles et une enfant. La vieille dame m'offre un thé dans un verre craspouille et le thé froid. Dommage il serait délicieux chaud. Ils ont , avec un système solaire, un néon et une mini télé.D'après ce que je comprends, ce sont des semis nomades.

Nous dormons dans un appartement en cours de construction prêté par L.

 

23 Février- Still

Les rues du village sont très larges et sableuses, les maisons en béton et quelques bouis-bouis comme épiceries, boulangeries.

Petit tour dans une palmeraie. Un moment seuls sans être l'attraction pour les enfants, ça fait du bien. Puis un vieux monsieur nous offre un café chez lui. Agréable matinée.

Promenade avec L. au bord d'un lac salé. Le sel est bien visible. L'été, le lac est à sec et ils récoltent le sel qui est ensuite envoyé en usine pour être traité.

Le soir, dîner chez un producteur de dattes. Comme d'hab', une salle juste avec canapés et tables. Les femmes ne sont pas là, le maître de maison, un homme immense, semble dur. On sent que c'est LE maître, le pacha qui se fait servir. On nous apporte un immense plat de tchochouka. C'est délicieux mais pas de couteaux et les convives mangent comme des porcs avec en prime les bruitages. Les déchets sont laissés à même la table. Oranges et pommes puis un thé très bon et pas assez chaud. Je passe voir les femmes dans une autre maison. Le producteur nous montre les frigos et nous offre 10kgs de dattes.

 

 24 Février 2009-

Journée en bus pour rentrer sur Béjaia.

La fin du séjour se passe en visites dans la famille et balades dans les environs