Voyager: 2004 Burkina Faso,Afrique

 

Ouagadougou 

F. qui nous héberge sur la capitale, habite dans le secteur 11, à Ouidi, près du barrage. C'est le quartier du Ouidi Naba, chef qui fait l'intérim lors du décès du Moabo Naba et qui est aussi chef de la cavalerie.

Nous sommes choyées; impossible de faire aucune corvée comme aller chercher l'eau pour la "douche". Ils ont sacrement le sens de l'hospitalité et on aura de nombreuses fois l'occasion de s'en rendre compte lors du séjour.

On ressent bien aussi la "dominance" du grand frère. Le respect de l'ainé est poussé à l'extrême. Lorsqu'ils sont seuls avec nous,L. le petit frère de F. et A, son cousin plus jeune, sont plus ouverts; ils osent plus.

 

Les 3 1ers jours, nous aurons de la pluie chaque jour. Pas longtemps mais c'est très fort. Les rues étant faites de terre rouge, elles deviennent très vite gadoue, ruisseaux et les grenouilles sortent!!!!! Les habitants sont habitués; en un temps record  tout est rentré et ils se cloîtrent chez eux. Deux jours avant notre départ, un soir, nous sommes dans un "maquis", nous aurons un orage impressionant. Toute la ville est inondée, sans électricité.. Ce sera la 1ere fois que je vois des vagues dans une capitale! Les rats sortent aussi....

 

La maison de F. est sommaire; une pièce de vie avec un canapé, une table basse, une télé, une chaine hifi, un frigo sale et qui ne fonctionne pas, 2 chambres, une autre petite pièce envahie par les pneus et les ustensiles de cuisine. Le sol est bétonné, les murs peints, une porte en fer et une petite ouverture dans la pièce de vie.Le seul robinet d'eau est dans la cour. 

 

le petit déj' est soit une bouillie de mil dans laquelle ils écrasent des minis galettes de mil aussi et du sucre. Particulier et je ne suis pas fan du tout du tout. Parfois ce sera juste un sachet de nescafé, parfois rien ou encore un oeuf de pintade dont je ne vois pas la différence avec celui de la poule, avec de la bière de mil. Un bon moyen de tester nos capacités d'adaptation.

Les repas sont constitués d'un plat assez souvent épicé, du riz ou du mil accompagné d'une sauce au poisson ou à la viande. Comme viande du poulet, très dur. Pas de laitage. On goûtera aux ignames frits, bourratif et pas mauvais. Le vin de palme est différent de l'alcool de palme, alcool fort. Là c'est le jus du tronc de palmiers récoltés dans des feuilles puis revendu. Pas fan non plus! Enfin, le to de mil , est pour moi d'un goût indéfinissable

Un repas dans un restaurant de Bobo sera un moment unique car tout ce qui n'est pas avalé est jeté direct au sol! 

Durant ce séjour, nous aurons faim et définitivement, je ne suis pas copine avec la norriture burkinabé. 4kgs seront perdus.

Cela n'empechera en rien de garder un souvenir très fort de la découverte de ce pays qui sera un gros coup de coeur

 

Quelle différence entre nos capitales et Ouagadougou...Très peu d'éclairage public, des rues souvent non goudronnées. De petits champs dans certains quartiers. Dans cette capitale, lors d'une balade sur un marché de quartier, poules, ânes seront en liberté. On voit aussi des enfants monter des chevaux à cru. 

 

Sur les marchés, partout, tout est vendu à même le sol, sur des sacs ou baches en plastique.

 

Attention à la notion de distance! Ils sont très bons marcheurs... Le "pas loin" est souvent quelques kilomêtres....

 

Plusieurs fois, avec F. et ses amis, nous irons dans des "maquis", restaurant local. En soirée, cela sert aussi de bar et de "boite de nuit" avec musique. Celle -ci est à fond; tellement fort que limite supportable. Nos hôtes y vont surtout pour boire de la bière, principalement de la "Flag". A voir

 

Le côté difficile de ce voyage est.......les toilettes.....Les très rares fois où il y a des cuvettes de wcs ( vraiment très rare), c'est carrément impossible pour nous:=un trou dans la terre, pas très profond, envahi de vers blancs (si si!) ou alors une plaque de ciment. Il n'y a pratiquement jamais d'eau. Difficile pour nous....

 

Bobo-Dioulasso

Très différent de Ouaga. On sent ici l'influence coloniale aux maisons, aux batiments; la gare est aussi un bel édifice de la même époque. Les locaux en sont fiers. Nous entrons dans le hall. Unique! Il y a des tas de gens qui attendent, assis n'importe où, pour remonter sur Ouaga. Comme il n'y a plus de trains dû à une mauvaise entente avec la côte d'Ivoire, ils prennent des trains de marchandises. Incroyable!

La mosquée de Sya, quartier de Bobo, est la plus vieille de la ville. Elle a été érigée en 1880 et est très surprenante. cela n'a rien à voir avec ce dont je suis habituée, avec les mosquées  des pays arabes ou les turques. Il n'y a pas de grande salle mais des pilliers partout. Un endroit pour les femmes qui ont fait un pélerinage, un pour les hommes, un pour les enfants allant à l'école coranique. Les femmes sans pélerinage n'ont pas l'accès et prient à la maison.

La visite du quartier de Sya est payante. C'est le plus vieux de la ville avec 4 parties: les griots, les forgerons, les musulmans et les animistes. C'est pauvre. 

Quelques croyances animistes: les cours d'eau avec des poissons silures; on ne les mange pas, on les nourrit, on les enterre; ils sont sacrés.

Une rue où le chef ne passe pas, personne n'y passe. Seuls les masques lors de leurs sorties ou des enterrements. La rue est sacrée.

Ici, on boit notre 1ere bière de mil. C'est fabriqué avec du sorgho, une sorte de mil. C'est toujours aussi mauvais pour moi!

On voit aussi d'énormes chenilles qu'ils grillent ou font sécher au soleil. Ils les mangent en amuses-gueules ou en sandwich. C'est un des plats préférés de l'ethnie des Bobos. On aura l'occasion  d'en voir ailleurs.

Cette visite de Sya est impressionante. Sentiment d'être sur une autre planête, à des millions de kilomêtres de chez nous.

 

Lors de ce voyage, on nous demande tout le temps de l'argent:les visites, les enfants qui réclament, les barrages de police sur la route etc...Pas du tout dans notre culture, c'est fatiguant, usant pour nous.

 

Sur les routes, des tas d'images dignes des reportages télé: les femmes portants sur la tête, les ânes et leurs carioles, les voitures avec 20 passagers dedans et.....dehors....

 

La route de Bobo- Dioulasso à Banfora est très verte. On n'imaginerait jamais qu'il y a des problêmes d'eau. Il y a, par ici, du mil, de la canne à sucre, du maïs, un peu de légumes.

 

Village de Koumi. 

C'est un village de l'ethnie Bobo, payant, lieu animiste et plein de misère.

L'architecture est en fait très riche dans ce pays. Tout est en terre mais chaque région, chaque ethnie, ont la même base mais des maisons très différentes. Le principe reste partout le même: un lieu pour les femmes, un pour les hommes et une cour centrale.

 

Banfora: 

C'est étrange, sans savoir l'expliquer, je trouve que chaque ville a une ambiance différente. Génial, chaque fois c'est une nouveauté. Par contre, pour nous, toutes font plus gros villages que véritables villes.

Ballade aux chutes de Banfora. Une végétation luxuriante, c'est beau et agréable.

Près de Banfora, promenade superbe en pirogue sur le lac de Tangréla. Les locaux appellent le lac, la "mare aux hyppos". nous ne verrons pas un seul hyppopotame mais c'est magnifique; un vrai retour aux sources. Très sympa malgré le réveil à 5h30 pour rien.

 

De Banfora au village d'Obiré, nous ne faisons que de la piste avec très peu de villages. Par contre, les arrêts dans ceux-ci son des moments forts. Souvent ils ne parlent pas français, on rigole bien. Sorte d'amitiés éphémères intenses et silencieuses.

 

Obiré

Nous sommes en pays Gan. Nous rencontrons le roi Gan pour lui demander si nous pouvons dormir à l'école. Moment unique et mémorable. Nous arrivons dans une concession qu'ils appellent "palais royal". Après force courbettes et politesse, voici le roi assis sur un chaise au milieu d'un espace délimité par des pierres. Il est interdit à tous de passer cette limite. Il est avec une canne, sorte de sceptre et avec son chef de terre qui ne le quitte pas. C'est très pompeux,très cérémonieux. Le roi est très digne. F. ne lui parle pas en direct mais s'adresse à une autre personne qui traduit en dialecte.Je suis persuadée que le roi parle et comprend très bien le français. Il "hérite" des femmes et enfants de son prédécesseur. Résultat: à 28 ans il a 15 femmes et 40 enfants! Il accepte que nous dormions dans l'école et nous le quittons après salutations, remerciements et courbettes. 

Je suis assez mal à l'aise mais expérience unique et forte encore. Impression de rêve, vraiment incroyable!

Le soir tard, une femme nous apporte du tö de mil et un poulet très dur.

Le lendemain, vers 6h30, en ouvrant notre tente un groupe d'enfants est là. En guenilles, sales, ils observent nos moindres gestes. Je n'en peux plus de cette misère, je ne la supporte plus et je craque. Larmes et écoeurement de ne pouvoir rien faire....

 

Gaoua- 

C'est le jour du marché, très typique. On y  trouve beaucoup de "soumbala", de petites boules noires qui servent pour faire les sauces. Cette épice sent très fort, assez nauséabond pour nous.

Gaoua est une ville à 70kms de la côte d'Ivoire et du Ghana, en plein pays Lobi. Peu de personnes parlent français ici.

Un des aspects sympa de ce voyage est que nous dormons dans des endroits assez insolites. Ici, ce sera dans le dortoir d'une école supérieures ( équivalent de notre IUFM)!

Petit déj' dans un maquis: riz en sauce à 8h du mat'!

 

Sur la route de Gaoua à Diebougou, nous nous arrêtons voir une maison Lobi. Moment génial. Nous entrons dans la maison; des pièces en terre qui servent, soit de chambres soit de cuisines. Pas de fenêtres. Ils n'ont vraiment pas grand chose; c'est pauvre et sale. Le proprétaire est forgeron et dispose d'une pièce à l'entrée de la maison qui sert d'atelier.

 

Boromo-

Un village carrefour où les camions s'arrêtent.

Le soir, nous ne trouvons que du poulet pour le dîner totalement immangeable. Et nous aurons droit le soir aussi à un concert de crapauds. Il y a aussi des scarabés géants, énormes.

 

La mare aux crocodiles de Sabou

C'est une mare sacrée avec une centaine de caïmans. Ce dernier est plus gros que le crocodile. Avec un poulet famélique et des cris, les villageois attirent la bête hors de l'eau. Le poulet, de façon affreuse, sera donné en sacrifice. Les locaux font ce qu'ils veulent avec les caïmans; ils les approchent sans aucun problème. Echanges digne d'un film pendant lequel ils font tout pour nous convaincre de toucher et s'asseoir sur les bêtes. D'après eux, ils sont sacrés, nous ne sommes pas de mauvaises personnes donc pas d'accident possible.....Je n'arriverai pas à avoir d'autrres explications. Je le fais mais après un temps fou et avec beaucoup d'appréhension.

Après cette démonstration, nous passons un momentt riche en amitié et très agréable avec les gens du village. Ils nous jouent du djembé, nous font essayer. Génial!

 

Marché de Kokologo

Ballade avec un moment de plaisir immense lorsque nous offrons un bracelet à une femme de 60 ans. Nous faisons une heureuse! ça fait plaisir à voir! Elle rit, danse en remerciant Dieu de nous avoir mis sur son chemin! F. nous explique qu'elle fait des incantations pour demander aussi que nottre voyage se passe bien.

 

Musée de Manégo-

C'est étrange,tout les sites touristiques sont en pleine nature, au milieu de nul part. Musée interessant pour les croyances animistes, celles- ci sont souvent surprenantes pour nous européennes. Le lieu est envahi par les chauve-souris.

 

Kaya-

C'est la ville de F. et nous serons hébergées chez sa maman. On nous propose une douche qui se trouve dans la maison! Grand luxe mais......c'est innommable de crasse et comme l'eau est coupée, nous nous laverons , comme d'habitude, au seau après une bonne crise de rire! En voulant pousser la porte, un cafard géant se faufile. Je n'en ai jamais vu d'aussi énorme et je n'aurai pas imaginé qu'à cette taille, cela existe.

La maman nous fait du To de maïs avec une sauce au poisson sêché. Je suis très mal à l'aise. Dur dur pour avaler....

Kaya est réputé pour son cuir. Cela domine sur le marché avec de très bons prix.

Soirée dans un maquis de F.L'alcool coule à flot et même si cela se termine dans l'ivresse, ils tiennent bien.

Visite du site de granit de Laongo. Ce sont des sculptures faites sur place dans de grosses pierres de granit par des artistes du monde entier. Oeuvres modernes. Le site est en pleine brousse dans un grand parc non balisé. A s'y perdre!

Sur la route pour rentrer à Ouaga, arrêt dans une dégustation de fromage de chêvre. Dommage qu'il n'y ai pas de pain car il est comme chez nous, c'est un délice.

 

Ouagadougou-

Nous emmenons L, le frère de F. dans un café Internet pour lui ouvrir un mail.Il nous dit savoir lire et écrire mais c'est tout de même très timide. 30mn pour une simple phrase avec beaucoup de fautes. Il apprendra vite car il semble avoir une bonne mémoire.

Le faux départ du Moabo Noba a lieu à 7h du matin. Les ministres prennent place sur des monceaux de terre qui sont en fait des sièges. Ils sont en boubous traditionnels, petite calote et avec leurs sabres ou batons qui représentent leur pouvoir. Un cheval est préparé puis le moobo sort du palais, s'asseoit.Les ministres, par groupe, vont le saluer. Un coup de canon, il va se changer tout en blanc à la place du rouge. Et voilà! Très cérémonieux, très protocolaire mais rien de sensationel.

La cathédrale, comme toutes les églises du pays n'a pas de clocher et est,comme toutes,immense. L'intérieur est rose et gris; je la trouve jolie.  En assistant à une partie de messe en mouré, on comprend le pourquoi de la taille de ces lieux de culte; elle est pleine à craquer et beaucoup de monde dehors. A l'ancienne, ils se mettent sur leurs 31 et c'est magnifique de couleurs.Musique et chants sont aux hauts-parleurs et cassettes, parfois accompagnés de djembé et percu en live. Beaucoup plus vivant que chez nous!

Balade dans le centre de Ouaga; c'est la cata! Nous avons, sans exagération, au minima une dizaine de personnes tout le temps autour de nous pour "communiquer", "faire des affaires,"proposer des articles" ou nous emmener dans leur boutique. Ils causent tous ensemble, sans aucun moment de répit, marchant à nos côtés. Stressant, oppressant! Il faudra se fâcher, être agressives pour cesser ce manège et avant de nous disputer entre nous! Difficile!

Positivons......Cela nous permet de rencontrer O. et L. Ils nous expliquent que c'est ainsi depuis que le grand marché a brûlé en Avril 2003 car des gens ont tout perdu. On nous confirmera plus tard que la misère s'amplifie....

Musée de la musique de Ouaga: Nous faisons un heureux en emmenant A.le cousin de F. Ce musée est bien.Il est très riche en présentant beaucoup d'instruments. Ils sont tous fait avec presque rien: du bois, des calebasses, de la corde, parfois un peu de cuir, de la peau de chêvre. C'est un peu compliqué pour nous,  car le même instrument n'est en fait pas tout à fait le même suivant les ethnies....

En conclusion,voyage très marquant, parfois un peu dur, mais toujours si intense et avec des moments d'amitiés d'une force incroyable!