Voyager: Désert de Mauritanie,Afrique

 

Le désert....2,3 ans que j'avais cela en 5tête et m'y voilà.....Pleine de curiosité et un peu d'appréhension pour ce 1er trek.

Parlons de suite de la marche. Nous ferons en une semaine 100kms dans le désert avec 20kms par jour pour les longues journées. Je craignais d'avoir du mal d'un point de vue physique mais ça va. Certaines fins de journée sont un peu longues mais c'est tout. La marche est plus ou moins difficile en fonction des sols, bien sûr le plus dur est le sol mou. Sur une journée, nous avons plusieurs types de sol.

P. est adorable et chemine5 à mes côtés malgré ses plus grandes capacités. Tout s'est donc bien passé.

 

Nous démarrons le trek à 50kms d'Atar que nous avons parcouru en 4*4.

Route d'Atar à Chiguenti- Anecdote: le Paris Dakar est passé le matin même. Ce "chemin" est impressionant par sa poussière! Totalement désertique déjà ; nous passons au milieu des montagnes de rocaille sans aucune végétation.

Le choc pour moi est après Chiguenti. Très brutalement le paysage change totalement et nous sommes soudain au milieu du sable et des dunes. C'est surprenant de rapidité. Des dunes partout! Superbe, magnifique...

Nous passons la nuit avec une famille qui vit dans ce décor paradisiaque, sorte de mini oasis et qui a construit deux ou trois cases. C'est très très sommaire avec un mince matelas et.........du sable partout! Une femme nous appelle pour la cérémonie du thé. Il est fort, servi dans de petits verres remplis à moitié, très sucré. Elle le transvase un grand nombre de fois pour faire de la mousse. C'est du thé vert de chine. On en boit toujours trois, cela prend beaucoup de temps et nous aurons ce rituel avant chaque repas.

 

Le lendemain ( nous sommes lundi), 1ere marche dans le sable mou pour rejoindre le village de Chiguenti. Nous y visitons une bibliothèque familiale. Les manuscrits ont été en partie recensés et sont dans des boites à archives. On nous en montre quelques uns après nous avoir offert le thé. Anecdote: des années plus tard, je reverrai cette même bibliothèque à la télé. Chiguenti était le carrefour des caravanes de l'Afrique du Nord vers l'Afrique de l'Ouest. Entre le 15eme et 18eme siècle, il y avait ici 20 000 habitants. Ajourd'hui, il en reste 2 000. La famille El Hamouni à 7 000 manuscrits dont le plus ancien est du 12eme siècle et a une couvertur5e en peau de chameau. Nous sommes dans la ville morte, abandonnée.

La ville actuelle où nous allons ensuite a plus de vie. Les gens semblent sympas, essaient de vendre mais sans agressivité. Le commerce semble réduit à son minimum mais une grande misère ne se ressent pas. Tout est très  sommaire, pas d'hygiène mais pas de ventres gonflés de malnutrition, pas de mendiants, pas de grands miséreux.

Petite frustration, je serai bien restée ici plus longtemps.

 

Marche dans le sable et les dunes. C'est immense, beau....Les couleurs sont variées, blanc, jaune,gris, ocre...Le sol plus ou moins dur suivant les endroits

Déjeuner près d'un puit afin de faire le plein d'eau. Il faut vraiment connaitre pour les trouver! Ce sont des trous dans le sol! Mais nous en aurons sur tout le parcours. La couleur de l'eau est impressionnante et peu appétissante. Micropur obligatoire et on croise les doigts pour que cela soit suffisant!

On ne croise personne mais aucun ennui, les paysages sont très diversifiés et toujours splendides.

 

Sidi, le chamelier, est adorable et bien typique. Il s'amusera beaucoup durant la semaine à me parler dans le dialecte des populations maures, l'assanya, et à attendre mes réponses. Il a beaucoup d'humour et il semble que cela soit un trait des mauritaniens. Nous aurons une bonne complicité, une relation vraie et authentique.

 

Lorsqu'il y a du vent, nous avons une température d'environ 33 degrés. Sans vent, nous montons entre 37 et 40° Dès le soleil couché, il fait beaucoup plus frais et la nuit, nous descendons entre 8 et 10°.

Le réveil est un peu speed. Dès que l'on sort de la tente, le petit déj' est prêt et hop on part!

 

Le 2eme jour de marche, différents paysages encore. Plus ou moins rocailleux, avec plus ou moins de végétation, plus ou moins de sable. Et toujours cette immensité....

Chaque jour, nous trouvons de l'alfa, une sorte d'herbe que les chameaux mangent et de l'accacia. Côté végétation, en gros, c'est tout! Quelques oiseaux, peu d'insectes.

Ce jour là pendant la pause,sortant de je ne sais où, 4 femmes nomades viennent nous vendre des babioles. Image intense...Elles sont en tenues traditionnelles, enveloppées de la tête au pied, dans le vent. Elles s'asseoient dans le sable, déballent leur marchandises et attendent. Vision de toute beauté et d'un autre monde!

L'après midi, autre rencontre insolite. 3 hommes, nomades, arrivent, échangent salutations pendant plus de 5mn en parlant tous en même temps. Puis ils repartent aussi simplement qu'ils sont arrivés. Génial!

 

Le mercredi, nous trouvons nos 1eres tombes. Il y en aura beaucoup. Un amas de sable, des pierres dessus déposées par l'homme. Voilà!

Je prépare le thé et découvre la rêgle de 3J ( 3 mots en arabe commençant par cette lettre). 1) doucement ) les amis 3) sur la braise. Dur dur la complexité de ce cérémonial! Pendant que je ml'affaire, un nomade et son fils arrivent. Ils gardent des chêvres. Du coup, Siddi me fait goûter le zrig, du lait de chêvre fermenté, de l'eau et du sucre; Fort, particulier et buvable à petite dose pour moi.

Le soir, notre bivouac est proche d'une tente. Nous allons donc rencontrer ces nouveaux nomades; L'alentour de leur campement est très sale; les tentes recouvertes de baches en plastique ou en tissus. Une femme me fait entrer en refusant les hommes. A l'intérieur,2 jeunes femmes , une vieille dame et une ribambelle d'enfants, tous assis sur des nattes.Une des jeunes femmes vient juste d'accoucher il y a quelques heures. Le bébé est à même le sol, nu, dans un tas de couvertures. Il y a ici un dénuement impressionnant. Ces gens n'ont rien! Ils semblent manger à leurs faims mais pour le reste, nous ne sommes pas loin de la grande misère! Moment génial et intense! Je vais voir une femme au milieu du sable qui cuisine. Un vieux poële à bois traine là et  le couscous va y être cuit. Aux alentours de ce camp, nous retrouvons deux objets vus au petit musée de Chiguenti. Le fatigué, une sorte de table avec juste une armature en bois que l'on retourne pour poser sur les chameaux et porter femmes et enfants. Et une guerba, une gourde en peau de chêvre

Le soir, Siddi nous prépare pour le lendemain matin la khoubza (prononcer roubza),pain de sable. Une galette de pain faite de farine, d'eau et de levure. Elle est enterrée dans le sable sur lequel on pose des cendres chaudes. Il la pique pour sentir si elle est cite. C'est bon.

 

Jeudi, nous grimpons le mont Moizine. Ce n'est que de la rocaille avec un vent hallucinant. En haut, c'est superbe! Le midi, cela souffle tant que nous devons nous abriter dans une tente de semis-nomades pour déjeuner.

 

Le vendredi, alors que nous marchons depuis un moment dans un décor de pierre, soudainement, on nous fait dévier et là.......Surprise! Nous sommes sur une montagne et en contrebas, une immense oasis et un village! Seule, je n'aurai jamais deviné ni vu. c'est très surprenant ce vert au milieu de nul part. C'est beau! C'est l'oasis de Mhaireth. Ici a lieu la plus grande guetna, récolte de dattes du pays. Dans le village, il y a certaines maisons en dur, des murs ou des grillages pour clotûrer. Les cases sont rondes, une armature en bois montée en plusieurs arceaux et celle-ci est recouverte de feuilles de dattes et d'alfa. Sommaire mais cela fait très propre.

Balade seuls avec P. après le déjeuner, sympa. Un jeune garçon nous emmêne dans sa maison boire un thé. La maison sert d'épicerie pour le village et de pièce de vie pour la famille; des cases dans une cour servent de chambres. Echanges....

 

Oasis de Terjit. Ici, ils sont clairement habitués aux touristes mais il n'y a rien dans le village, donc toujours sympa. Nous dormons dans une "auberge" au coeur de la palmeraie. Cadre assez paradsiaque  où nous sommes seuls à dormir dans une tente.

 

Retour à Atar, 2h de balade dans le centre avant de prendre l'avion.

 

Une super chouette expérience que cette semaine